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En déficit, l'hôpital de Blain se reconstruit

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Le Centre hospitalier spécialisé en psychiatrie de Pont-Piétain est en cours de reconstruction. En marge d'une situation financière préoccupante et face à une activité grandissante, l'hôpital conforte son rôle. Entretien avec Jean-Frédéric Grivaux, directeur du CHS de Blain depuis 2007.

 

Quelle offre de soins l'hôpital propose-t-il ?

L'activité couvre le nord de la Loire-Atlantique, comprenant 25 % de la population du département. L'hôpital dessert trois secteurs de psychiatrie adultes (sur le site principal de Pont-Piétain) et un secteur de pédopsychiatrie. Comme pour l'ensemble des établissements publics spécialisés en psychiatrie, c'est la domiciliation du patient qui détermine son admission. Avant l'hospitalisation, nous essayons de trouver des alternatives en restant plus proches de la population : quatre hôpitaux de jour, dix centres d'accueil thérapeutique, treize centres médico-psychologiques, etc.

Depuis octobre 2009, l'hôpital est en pleine mutation. Le plus gros chantier entrepris depuis sa création il y a 50 ans.

Ce chantier doit permettre le maintien du CHS sur le site et tendre vers une organisation médicale et soignante plus cohérente. Un nouveau bâtiment de 5 800 m2 doit sortir de terre courant décembre. Construit à l'emplacement de deux anciennes unités déconstruites, cet ensemble destiné à l'hospitalisation sera mis en service à l'automne 2011. 108 patients seront répartis sur trois unités de secteur de 36 lits chacune. Chaque patient disposera d'une chambre individuelle.

La chambre régionale des comptes publie un rapport qui fait état d'un déficit de 131 000 € pour l'exercice 2009. Cela remet-il en cause vos projets d'investissements ?

Ce déficit structurel s'explique pour l'essentiel par des dépenses en matière de personnels (700 personnes dont 490 personnels soignants). Ces dépenses représentent 82 % du budget total de l'hôpital (40 millions d'euros). En face, comme tous les hôpitaux psychiatriques, nous fonctionnons par la Dotation annuelle de financement (Daf). Une enveloppe qui provient de l'assurance-maladie via l'Agence régionale de santé (ARS). Cette somme représente 80 % de nos recettes. Malheureusement, elle n'augmente que de très peu. De 0,5 % en 2009, soit 32 millions d'euros. Pour apurer ce déficit, la marge de manoeuvre est faible. Nous essayons de réduire les coûts logistiques. Mais en aucun cas cela ne remet en cause le chantier. Si nous pouvons réaliser ce lourd investissement de 13,7 millions d'euros, c'est grâce à notre faible taux d'endettement qui nous a permis d'avoir recours à l'emprunt (entre 10 et 11 millions d'euros).

Êtes-vous inquiet pour l'avenir ?

Très. L'activité en hospitalisation complète n'a de cesse de s'accroître et est bien supérieure aux prévisions. Notre objectif maximal devait atteindre les 55 446 journées en 2010. Or, en 2009, nous en comptons 55 804, soit un dépassement de 1,43 %. Malheureusement, cette situation n'est pas unique. Nous sommes endettés comme de nombreux hôpitaux de France. Mais au-delà, nous sommes un service public et notre rôle, conforté par l'ARS, répond à de réels besoins.

 

Recueilli par Nathalie BARIL.   Ouest-France

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